Être mère est-ce s’aliéner à la vie ?

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La sacro-sainte libéralisation de la parole a de nouveau permis de briser un tabou de taille, celui de ces femmes qui refusent ou regrettent d’être mère. Alors qu’une nouvelle loi sur l’IVG vient d’être promulguée, sans grand débat par le gouvernement, allongeant ainsi jusqu’à 14 semaines la possibilité pour une femme d’avorter, nous avons constaté une certaine tympanisation du discours « anti-enfants ». Aux témoignages des mamans désabusées s’ajoutent ceux d’une partie des jeunes gens qui se disent prêts à renoncer à avoir des enfants. De quoi cette nouvelle vague est-elle le nom ? D’où vient-elle et où risque-t-elle de nous mener ? Une jeune femme vous répond !

 

Le 28 janvier dernier, Anna Villechenon publiait dans Le Monde un article sur « Le regret maternel ». Voulant lever le voile sur le prétendu tabou de « l’aliénation » procurée par la maternité, cette journaliste a donné la parole à ces mères qui regrettent de l’être et qui dénoncent un nouvel oppresseur : l’enfant. Celui-ci est aussi mis en cause dans un autre article paru dans Le Monde en septembre 2020 intitulé « Ces jeunes qui refusent d’avoir des enfants, entre acte écologique et angoisse de l’avenir ». Il s’agit là d’un concentré de témoignages héroïques d’hommes et de femmes qui ont pris la ferme décision – allant jusqu’à la stérilisation à visée contraceptive (définitive) – de ne pas avoir d’enfant pour sauver le monde. Lointaine est l’époque où la fécondité était honorée et célébrée. Et celle qui arrive risque d’être bien pire. Ne pas avoir d’enfant pourrait non seulement être la norme, mais procréer pourrait même devenir un acte criminel puisqu’il contrarie les dogmes de l’écologie. Mesdames, mesdemoiselles, futures mères, êtes-vous prêtes pour le ban ?

 

Bien que l’augmentation de sa population ne soit désormais qu’entièrement le produit du solde migratoire, l’Europe se dépeuple dans l’indifférence de sa classe politique, avec un taux de fécondité en déclin, perdant ainsi en croissance, en influence et en débouchés commerciaux. Plusieurs phénomènes expliquent ce « suicide démographique » européen et notamment la fin de la génération baby-boom qui se traduit par un nombre de décès plus important que celui des naissances (solde naturel négatif des naissances), ainsi que le recul de l’âge à la maternité, du fait de la hausse de l’activité professionnelle des femmes.

A ces facteurs matériels s’ajoutent l’idéologie, et comme bien souvent, ils proviennent de l’autre côté de l’Atlantique. Né en 1972 à Palo-Alto, l’Organisation nationale des non-parents (National Organization for Non-Parents) fut le premier symptôme de cette crise de la parentalité. Depuis, les auteurs et les mouvements se sont multipliés dans le paysage anglo-saxon, avec l’écologie comme argument moral.

Margaret Movius, fer de lance de ce mouvement, qualifie le choix volontaire de ne pas avoir d’enfant comme « l’ultime libération » de la femme et le « seul moyen d’atteindre véritablement l’égalité homme-femme ». Mais nos mères, nos grands-mères et toutes les femmes qui ont enfanté avant elles, étaient bien trop soumises au terrible patriarcat pour en prendre conscience. La canadienne Jean Veevers estime quant à elle que ne pas faire d’enfant est un geste écologique car c’est un moyen de lutter contre la pollution humaine de la planète. Non contents de la seule baisse du nombre d’enfants par famille, ces héros modernes prônent désormais la « normalisation de la non-parentalité ». Tout cela vous paraît-il ironique ? Détrompez-vous. Le mouvement « childfree » (« sans enfant par choix) prend de plus en plus d’ampleur, jusqu’à la création d’un « Voluntary Human Extinction Movement » qui lutte – accrochez-vous bien – pour « le suicide de l’espèce par la non-reproduction afin de permettre à la biosphère de se reconstituer, aux espèces vivantes de parer au manque d’espace vital et à la pénurie de ressources naturelles ». Donc, en résumé, leur solution miracle pour sauver la Terre est tout simplement l’extinction de l’Humanité.  Leur genèse commencerait certainement par « Ne soyez pas féconds, ne vous multipliez pas, et videz la terre ». 

L’inquiétude porte autant sur la nature de leur discours, que sur l’écho que celui-ci trouve en Europe, et notamment en France. Évidemment relayé sur les réseaux sociaux via des médias comme Konbini qui veut « en finir avec la charge maternelle », il est toutefois plus dérangeant lorsqu’il fait l’objet d’un reportage complaisant sur une chaîne publique comme France 2 (Je ne veux pas d’enfant), diffusé en octobre dernier à une heure de grande écoute.  On y voit notamment un homme de 27 ans subir une vasectomie, ou encore un médecin qui affirme à ses collègues qu’une des candidates à la stérilisation, de seulement 19 ans, n’est pas trop jeune car « elle a l’air d’assumer son choix ».

Le journal Le Monde s’empare également du sujet, devenant ainsi une véritable tribune des childfree français. Dans un article paru en septembre 2020 (Ces jeunes qui refusent d’avoir des enfants, entre acte écologique et angoisse de l’avenir), Leilani Münter – dont l’écologie n’était apparemment pas une préoccupation lorsqu’elle était pilote de course automobile – promeut le mouvement des « Ginks » pour « Green Inclination, No Kids » (« engagement vert, pas d’enfant »), en réduisant l’enfant à une empreinte carbone. On y retrouve là aussi des témoignages de français de 21 à 33 ans, qui refusent d’avoir des enfants, certains étant allés jusqu’à la stérilisation définitive, après le délai de réflexion de seulement 4 mois imposé par la loi. Oui mesdames, vous savez désormais qu’il est plus simple de vous faire ligaturer les trompes, que d’obtenir un rendez-vous chez le gynéco. Mais que voulez-vous, les héros n’attendent pas.

Quelles sont les véritables raisons ?  La Haine de la vie.

Réelles convictions écologiques ? Légitime est la question lorsque les décisions sont aussi radicales, et les conséquences irréversibles. D’après les témoignages recueillis, la raison principale qui ressort est en réalité le «profond désir de ne pas avoir d’enfant » car la nouvelle génération aurait besoin de se réaliser autrement, et qu’en avoir ruinerait leur vie.  Une femme avoue même utiliser l’argument de l’écologie pour faire taire les réprobations. Vous l’aurez compris, sous couvert de moralité verte, la plupart masquent leur individualisme. L’écologie a bon dos.

Mais alors comment en est-on arrivé au point où la maternité est devenue un synonyme d’asservissement de la femme ? et où l’enfant est devenu un boulet accroché au pied de ses parents ?

Au travers de ces comportements individualistes, on retrouve ce que Jean Cau décrit comme une inversion hiérarchique de l’ordre entre la vie, qui jadis primait sur les vivants. Il constate une forme d’idolâtrie des vivants, pour tout ce qui touche au bonheur individuel sacralisé de la mère, sans tenir compte de la Vie. Cette «défiance à l’égard de l’enfant » et cette « haine de la vie » provenant du puritanisme anglo-saxon, touchent l’Europe, et particulièrement la France qui atteignait, en 2019, son triste record du taux de recours à l’IVG le plus élevé en 30 ans. On assiste véritablement à une libéralisation déchaînée de l’avortement, dont la récente loi du 3 mars 2022, allongeant de 12 à 14 semaines de grossesse le délai de recours à l’IVG, en est l’illustration parfaite. L’écrivain relie ce phénomène à la montée du matriarcat, ainsi qu’à la primauté de la morale et du bonheur individuel sur le « salut et la force du groupe national ». Ainsi, la tragédie personnelle vécue par certaines femmes pèse aujourd’hui autant que la tragédie collective. Habile manipulation puisque cette « idée féminine du bonheur » permet aux femmes qui veulent refuser l’enfant d’être déculpabilisées de leur acte. L’avortement n’est désormais plus la suppression d’une vie dans une situation d’urgence, mais un acte de survie pour la femme. Comme on retire une tumeur à un malade, on retire « l’embryon », le « fœtus » – surtout ne jamais employer un terme qui rappellerait qu’il s’agit d’une vie humaine – de l’utérus de la mère déchue. L’enfant est devenu le cancer de la liberté des femmes.

Vers la haine du vivant ?

Mais la haine de l’enfant ne se limite malheureusement pas à sa naissance avortée. Dans un article du Monde daté du 12 février dernier, Julie Ancian – « docteure » en sociologie qui mène des recherches sur les thèmes de la santé, du genre et des violences – estime que « Les néonaticides ne relèvent pas que du champ de la santé mentale », mais que le meurtre d’un nouveau-né par sa propre mère est davantage du ressort du « contrôle de la fécondité ». Pour défendre sa thèse, la sociologue n’hésite pas à enfiler sa casquette de militante féministe, et explique que l’infanticide, au même titre que l’avortement, relève du droit des femmes à disposer de leurs corps.Elle conclut d’ailleurs, sans grande surprise, en réclamant un allongement de la durée légale de recours à l’IVG pour lutter contre ces meurtres. Rendez-vous compte du niveau de barbarie de cette idéologue féministe, prête à amoindrir la gravité d’un infanticide pour justifier, in fine, la soi-disant nécessité de repousser toujours plus tard dans la grossesse, la possibilité de tuer l’enfant. À force de céder du terrain sur le délai et les conditions d’accès à l’avortement, il est désormais banalisé. Et si la bête infernale « pro-choix » n’est pas abattue, demain, l’IVG sera un moyen de contraception comme un autre.

Cette détestation de l’enfant se poursuit même au-delà. En effet, dans l’article du Monde sur le « regret maternel »cité plus haut, une des femmes explique qu’avoir fait des enfants est ni plus ni moins sa « plus grosse erreur ». Une autre compare la maternité à une aliénation, et presque toutes considèrent leurs enfants comme un poids qui « bouffe tout ». Et pour faire face à ce burn-out parental, ces femmes clament haut et fort leur regret d’avoir eu des enfants sur les réseaux sociaux. La journaliste Anna Villechenon ne le souligne pas dans sa tribune, mais les mères qui précisent leur situation sont toutes séparées du père de leurs enfants, et ce facteur commun n’est pas anodin. Mais aucune ne semble y prêter attention. Il apparaît pourtant évident que leur regret maternel repose grandement sur le fait de devoir accomplir seule une lourde tâche, censée être partagée avec le père. Pourquoi ne le reconnaissent-elles pas ? Les carcans du néo féminisme les retiennent prisonnières. 

La société moderne ayant déconstruit la structure familiale traditionnelle, produit aujourd’hui des hommes et des femmes en perte de sens et de volonté de transmission. L’enfantement est un projet entrepris pour soi-même. La conception de la vie devient ainsi entièrement maîtrisée par l’Homme. L’enfant est programmé et déprogrammé au bon vouloir des parents. Ainsi, après avoir rompu avec l’ancestrale piété filiale, la société dominée par le libéralisme s’attaque à son opposé symétrique : l’enfant, emblème de la pureté et de l’innocence. Que restera-t-il de l’Homme une fois coupé de son origine et de son horizon ? Un individu seul, prétendument émancipé, livré à ses désirs toujours renouvelés grâce à la prédominance du Marché réifiant.

 

Capucine Colombo

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