La “PMA pour toutes”, ou le progrès devenu fou

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Manifestantes pour la PMA pour toutes le 6 octobre 2019 à Paris

La plupart des sujets bioéthiques revêtent une complexité qui imposent une certaine réflexion. La PMA en fait partie. Une première mise au point, d’une part sur l’état actuel de la loi concernant les diverses formes de PMA, d’autre part sur la nouvelle loi, doit donc être réalisée.

Qu’est-ce que la PMA ?

La procréation médicalement assistée (PMA) désigne toutes les pratiques médicales qui peuvent être mises en œuvre dans le but d’aider à la procréation. Même si, dans le cas présent, on traite médiatiquement de la nouvelle loi en résumant les positions à « pour la PMA » et « contre la PMA », la question porte sur un cas particulier de PMA, d’autres cas étant déjà légaux depuis longtemps.

La fécondation in vitro (FIV) est un cas de PMA dont la première occurrence eut lieu le 25 juillet 1978 au Royaume-Uni, avec la naissance de Louise Brown (premier « bébé-éprouvette »), et dont la première occurrence française eut lieu le 24 février 1982, avec celle d’Amandine. Il s’agit alors d’opérer la fécondation à l’extérieur du corps de la mère, pour ensuite transférer l’embryon dans son utérus. Cette technique permet à des couples qui ont du mal à avoir un enfant, mais ne sont pas stériles, de procréer.

La question qui se pose est donc celle des couples stériles. La loi du 6 août 2004 encadre l’assistance médicale à la procréation (AMP) : le don de gamètes (spermatozoïdes ou ovocytes) est permis dans deux cas, quand un couple est face à une stérilité médicalement constatée et quand il veut éviter la transmission d’une maladie particulièrement grave à l’enfant ou à l’un des deux membres du couple.

Mais le couple en question est alors obligatoirement composé d’individus des deux sexes, c’est-à-dire (rappelons-le à tout hasard) d’un homme et d’une femme. Il doit aussi être en âge de procréer, et n’a pas besoin d’être marié, ni même de prouver deux années de vie commune depuis une nouvelle loi de 2011 qui apporte quelques modifications à celle de 2004. Le don de gamètes est régi par les principes d’anonymat, de gratuité et de volontariat. Le premier principe pose un problème certain : un enfant peut-il revendiquer le droit de connaître son géniteur ? Dans l’état actuel des choses, c’est non : de nombreuses personnes ne connaîtront jamais toute leur ascendance biologique. Pourtant, même s’il est entendu que les véritables parents d’un enfant sont ceux qui l’ont élevé, éduqué et aimé, la génétique n’est pas sans incidence sur le développement d’une personne, et ainsi, connaître son géniteur (ou sa génitrice, même si les dons d’ovocytes sont plus rares) peut constituer une forme de soulagement, une réponse à une question qui nous taraude. La nouvelle loi bioéthique permet la fin de l’anonymat, et c’est bien là une qualité qu’on peut lui reconnaître. Le deuxième principe, celui de gratuité, espérons-le, ne tombera pas, même si bien entendu un docte libéral vous expliquera que pour que l’offre atteigne le niveau de la demande, il faut y mettre le prix ! C’est sûrement le cas, par exemple, du prix Nobel d’économie Gary Becker, qui fait cette réflexion au sujet du don d’organes… Mais nous reparlerons de cette question pécuniaire plus en détail. Enfin, il y a a priori moins de souci à se faire sur la pérennité du principe de volontariat.

Ainsi, la nouvelle loi consiste à étendre la PMA à toutes les femmes, c’est-à-dire aux couples de femmes et aux femmes célibataires. N’importe quelle femme pourrait avoir le droit de demander un don de gamètes afin de procréer. C’est pourquoi, en écho au « mariage pour tous », les partisans de cette extension parlent de « PMA pour toutes » – ce qui ne manque pas d’être honteusement transphobe. Les opposants, quant à eux, emploient plus volontiers l’expression « PMA sans père », puisqu’il s’agit bien, nous en reparlerons, de faire naître un enfant sans père.

Mais existe-t-il déjà, en France, des enfants nés d’une PMA pour un couple lesbien ? La réponse est oui. Sept pays européens autorisent cette forme de PMA : la Belgique, le Danemark (pour les femmes mariées uniquement), l’Espagne, la Finlande, les Pays-Bas, le Royaume-Uni et la Suède. Des couples de femmes vont donc à l’étranger afin de se faire inséminer, ce qui coûte très cher. L’enfant naît alors légalement en France comme l’enfant de sa mère biologique. Bien sûr, cela pose problème, un problème d’égalité, entre autres, puisque seuls les couples lesbiens aisés peuvent se permettre ce luxe. Cela dit, est-ce un argument pour légaliser la PMA sans père chez nous ? Non, à moins de systématiquement modeler notre propre droit sur le modèle du droit de nos voisins, de manière quelque peu fataliste et défaitiste, dans une sorte d’excès de pragmatisme.

La PMA, passion égalitariste

La justification donnée par les partisans de la PMA pour toutes est très simple : l’égalité. Voici leur raisonnement : les couples hétérosexuels ont droit à la PMA ; les couples homosexuels n’y ont pas droit ; il y a donc une inégalité entre couples hétérosexuels et homosexuels et, de là, entre hétérosexuels et homosexuels en général.

Il y a un premier sophisme que l’on peut relever dans cette justification. Appeler un couple de personnes de sexe opposé « couple hétérosexuel » est abusif, tout comme appeler un couple de personnes de même sexe « couple homosexuel ». Bien entendu, c’est une facilité bien pratique dans la vie de tous les jours, mais le fait est qu’un couple n’a pas d’orientation sexuelle, un couple est composé de deux hommes, de deux femmes ou d’un homme et d’une femme, et ce sont les individus qui ont une orientation sexuelle. Ainsi, prétendre que cette inégalité reposerait sur l’orientation sexuelle des concernés, et donc sur une forme d’homophobie, d’hostilité envers l’homosexualité et les homosexuels, est fallacieux. Cette inégalité repose avant tout sur un simple fait : un couple hétérosexuel (c’est quand même une expression plus pratique) est potentiellement fertile, tandis qu’un couple homosexuel est intrinsèquement stérile.

Ensuite, prétendre que cette extension apporterait de l’égalité entre les individus (hétérosexuels et homosexuels) est fallacieux : c’est entre les couples qu’aurait lieu cette égalité. Le même sophisme était utilisé au sujet du mariage pour tous : inégalité entre hétérosexuels et homosexuels dans l’accès au mariage ! Que nenni : chacun avait pleinement le droit de se marier, hétérosexuel ou homosexuel, mais avec une personne de l’autre sexe. Jamais il n’a été demandé aucun certificat d’hétérosexualité à l’occasion d’un mariage.

Nous en venons donc à ce qui fonde l’idéologie des partisans de la PMA pour toutes : le postulat d’une égalité des couples face à un droit. Quel droit ? Un droit à l’enfant.

À peu près tout le monde sera d’accord pour dire qu’il existe un droit de faire un enfant. Bien sûr, certains sont partisans d’un permis de procréer, un peu comme il existe un permis de conduire, en arguant qu’élever correctement un enfant suppose un certain nombre de compétences, et que faire n’importe quoi en tant que parent peut bien avoir autant sinon plus de conséquences terribles sur la société que conduire avec trois grammes d’alcool dans le sang… La ville néerlandaise de Rotterdam a mis en place un programme de contraception forcée des femmes jugées « incompétentes » pour élever un enfant, soit les prostituées, les toxicomanes, les sans-abri et les femmes atteintes de troubles psychiatriques. Mais l’attachement à la tradition, à la spontanéité qu’il y a dans la fondation d’une famille, rend attaché à cette liberté d’en fonder une.

La différence entre « droit de » et « droit à » est fondamentale. Par exemple, le droit de s’exprimer est le droit d’utiliser tous les moyens à sa disposition pour exprimer ses idées, quelles qu’elles soient, tandis que le droit à s’exprimer est le droit d’exiger de la communauté un aménagement pour exprimer ses idées, à égalité avec autrui. Le « droit à » n’est bien sûr pas forcément un mal : lors d’une élection, par exemple, c’est lui qui est appliqué, puisque les media ont l’obligation de donner un certain temps de parole à chaque parti, et l’on peut considérer cela comme une nécessité. Mais ici, considérer qu’il y aurait un droit à l’enfant, c’est considérer que l’existence d’une personne peut être conditionnée par le désir d’une autre personne. Le désir d’enfant justifierait le droit à l’enfant. Je veux, donc j’aurai.

Déjà la loi qui autorise le don de gamète pose une certaine ambiguïté : un couple hétérosexuel stérile peut demander les moyens d’avoir tout de même un enfant. Mais la différence avec la nouvelle loi est de taille : comme nous l’avons dit plus haut, un couple hétérosexuel stérile est malade, sa stérilité est accidentelle, anormale, tandis qu’un couple homosexuel est intrinsèquement stérile, cette infertilité est dans l’ordre des choses. La nouvelle loi met donc bien en place un droit à l’enfant. Ce que, d’ailleurs, ses partisans ont beaucoup de mal à assumer ! Ils vous répondront que non, pas du tout, aucun droit à l’enfant, simplement l’égalité… Mais quand on n’est naturellement pas égal face à la procréation et qu’on demande à la médecine de rectifier cette inégalité, qu’on lui demande de se muer en justicière, c’est bien qu’on instaure un droit à l’enfant, car il y aurait injustice dans l’accès inégal à ce droit.

Un changement décisif

La PMA sans père est une « avancée » bien plus terrible, bien plus importante, bien plus décisive, que le mariage pour tous. Cela faisait des décennies que le mariage n’était plus ce qu’il était. Désormais, on se marie parce qu’on s’aime, et l’on divorce parce qu’on ne s’aime plus. Le mariage est, dans l’esprit global de notre société, lié à l’amour. Dans ce dévoiement de l’institution du mariage, dont un sur deux se termine aujourd’hui en divorce, son ouverture aux couples de même sexe était logique : si le mariage est là pour consacrer l’amour entre deux êtres, pourquoi deux hommes ou deux femmes qui s’aiment n’y auraient-ils pas droit ? C’est aussi pour cela que les partisans de la loi Taubira prenaient tous les opposants pour d’odieux homophobes : ils ne comprenaient pas que beaucoup d’entre eux avaient simplement conservé une antique vision du mariage, comme d’une institution encadrant la filiation et le renouvellement des générations, « antique » n’étant bien sûr absolument pas péjoratif, car il n’y a rien de mal, au contraire, à défendre ce qui dure, ce qui a été consacré par la sagesse des siècles.

Le mariage homosexuel n’était donc pas une surprise. La lutte contre cette loi dans l’air du temps tenait du combat contre des moulins à vent. L’adoption ouverte aux couples de même sexe, de même, n’était pas une surprise dans une époque où le modèle traditionnel de la famille est mis à mal, dans une époque où il existe depuis longtemps des familles homoparentales – qui, d’ailleurs, ne donnent pas forcément des enfants déséquilibrés. Là aussi il y a une différence certaine avec le nouveau « progrès » devant lequel nous sommes placés : un enfant adopté existe déjà, et il est déjà dans une situation accidentelle, anormale, il n’a déjà plus de parents. Désormais, il s’agit de tout autre chose : il s’agit de créer un enfant dans une situation qui ne devrait être qu’anormale, exceptionnelle, accidentelle. Alors que ne pas avoir de père devrait être une exception, on en fait une norme acceptable. Le désir d’un couple justifie la fabrication d’un enfant.

Le « Divin Marché » toujours à l’œuvre

N’en déplaise aux fameux « libéraux-conservateurs », cette extension de la PMA n’est autre qu’une extension du marché. Comme le rappelle Guillaume Bernard, le marché est le lieu où la valeur objective n’existe pas, où elle est déterminée par la rencontre de volontés. L’offre, la demande, le prix d’équilibre, et c’est fantastique, tout se régule tout seul. Ici, l’enfant perd sa valeur absolue de personne humaine, il perd son statut de sujet, pour devenir objet de désir. On nous dira : « Oui ! Mais il est naïf de croire que les couples hétérosexuels ne font pas d’enfant parce qu’ils en désirent un ! » Bien sûr, mais ils peuvent naturellement en faire un, ou alors ils ne le peuvent pas en raison d’une maladie, ainsi si l’enfant est considéré comme un moyen, un moyen d’être heureux, il est aussi toujours considéré en même temps comme une fin en soi, au moins par la société. La maxime kantienne est respectée. Avec cette PMA sans père, l’enfant est créé artificiellement pour un couple qui naturellement ne peut en avoir, il n’est qu’objet de désir, sa raison d’être est de satisfaire autrui : il n’est plus qu’un moyen.

Ainsi, même pas besoin de marchandisation pécuniaire, que la PMA devienne payante, pour qu’il y ait marchandisation tout court : l’enfant devient produit de consommation, remboursé par nos impôts.

Premier arrêt avant les mères-porteuses

Bien entendu, l’autre problème posé par l’extension de la PMA est le glissement vers autre chose : la GPA. Autant le glissement du mariage et de l’adoption pour tous vers la PMA pour toutes n’était pas évident, même s’il s’est opéré, autant, dans le cadre français du moins, celui de la PMA vers la GPA l’est assez.

Rappelons que la gestation pour autrui (GPA) est une forme de PMA : il s’agit de placer l’embryon dans l’utérus d’une « mère-porteuse », c’est-à-dire une femme qui, après l’accouchement, devra « rendre » l’enfant à ses parents, ou disons plutôt à ses commanditaires. La GPA fait l’objet d’un assez large rejet de la part des Français, qui voient pour la plupart le problème de l’exploitation de femmes pauvres qui feraient ce travail pour de riches bourgeoises qui veulent éviter les inconvénients d’une grossesse.

Dans d’autres pays, la GPA est légale pour des raisons qui nous sont étrangères. En Israël, par exemple, elle est légale (pour les couples hétérosexuels) et soutenue même par les juifs orthodoxes, parce que l’épouse d’Abraham, Sarah, qui ne pouvait avoir d’enfant, demanda à son mari d’aller vers sa servante afin qu’elle ait un enfant « par elle ». De même pour l’épouse de Jacob, Rachel. Inversement, d’autres pays ont légalisé la PMA sans père, mais sont tout à fait réticents à la GPA : en Espagne, par exemple, si la PMA ne pose pas de problème, le caractère très chrétien de la société interdit toute réification du corps de la femme à travers la GPA.

Mais en France ? Comment empêcher que la passion très française de l’égalité n’en vienne à permettre la GPA dans le sillage de la PMA ? C’est bien simple : au nom de l’égalité entre les couples, on autorise la PMA pour les couples homosexuels, lesbiens de facto ; mais alors, il y aura inégalité entre les couples hétérosexuels et lesbiens d’un côté, et gays de l’autres, car deux hommes ne pourront toujours pas obtenir un enfant sur commande ! La solution viendra d’elle-même : la GPA. Soit la marchandisation, la réification du corps de la femme, bien qu’on puisse espérer que dans notre pays à l’esprit assez naturellement anti-argent, elle resterait encore un certain temps gratuite, et pur volontariat.

Si PMA et GPA ne sont pas intrinsèquement des sujets contigus, ils le sont dans l’esprit français épris d’égalité. La PMA pour toutes ouvrira la porte à GPA pour tous. Peut-être pas l’an prochain, peut-être dans deux ans, cinq ans, dix ans, mais elle l’ouvrira.

Un indice de cela est l’amendement qui a récemment été adopté en pleine nuit par une Assemblée nationale quasiment vide, porté par Jean-Louis Touraine, qui consacre la reconnaissance de la filiation des enfants nés par GPA à l’étranger. Il faut néanmoins noter que le gouvernement, opposé à l’amendement du député de sa propre majorité, a demandé un nouveau vote sur le sujet.

Résister au culte du Progrès

La PMA sans père, c’est, toujours et encore, l’extension du marché, un « progrès » qui n’est rien de plus que le progrès du consumérisme et de l’individualisme, individualisme qu’on peut constater quand les bonnes consciences de gauche, qui devrait donc avoir le sens du commun, vous disent, si vous êtes opposé à la PMA : « Mais qu’est-ce que ça peut bien te faire ? Ça ne t’enlève aucun droit ! » Comme si ce qui ne lèse aucun individu ne pouvait léser la société. C’est encore une fois la marque du culte du Progrès, qui veut que tout ce qui est neuf soit bon, que tout ce qui est ancien soit mauvais, dépassé, archaïque, suranné. Cette croyance est elle-même pourtant ancienne : elle est responsable du glissement sémantique subi par le mot « progrès » lui-même, qui à l’origine vient du latin progredior, qui veut simplement dire « avancer », ce qui n’est pas forcément positif. Elle a fini par donner comme équivalent à « progrès » le mot « avancée », consacrant ainsi le fait que tout changement serait louable.

Gauchisme et libéralisme sont les deux faces de cette même pièce progressiste, de cette même idéologie du Progrès délétère. Face à cela, nous pouvons, et peut-être devons-nous, réagir. Il nous sera donné de le faire le dimanche 6 octobre à Paris, dans une manifestation qu’on peut espérer importante contre cette dictature du Souverain Individu.

Ne craignons pas de nous opposer à l’air du temps et au sens du vent, quand ce n’est pas vain. L’Histoire nous apprend que des empires et des civilisations s’effondrent. Tout ne va pas forcément de mieux en mieux. Jean-Jacques Rousseau, peu susceptible d’être un penseur d’« extrême droite », a très bien résumé ce désir de ne pas aller plus loin dans sa propre dégénérescence : « Il y a, je le sens, un âge auquel l’homme individuel voudrait s’arrêter ; tu chercheras l’âge auquel tu désirerais que ton espèce se fût arrêtée. Mécontent de ton état présent, par des raisons qui annoncent à ta postérité malheureuse de plus grands mécontentements encore, peut-être voudrais-tu pouvoir rétrograder ; et ce sentiment doit faire l’éloge de tes premiers aïeux, la critique de tes contemporains, et l’effroi de ceux qui auront le malheur de vivre après toi. »

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